Piège à insectes du passé

Collections

Le Muséum-Aquarium possède de nombreuses collections, dont la plupart sont visibles en galerie de zoologie ou en exposition temporaire. Mais la majeure partie reste conservée dans des lieux adaptés à leur bonne conservation, comme c'est le cas dans nos réserves. En raison de la quantité importante de spécimens, il arrive encore que l'on redécouvre au cours du récolement des objets plus curieux, qui s'éloignent des collections plus classiques naturalisées ou en fluide. Ceux-ci possèdent bien un statut muséal, mais malheureusement ils n'illustrent pas le discours mis en avant dans le parcours de l'exposition permanente, ce qui leur permettrait d'y être exposés. Ils restent néanmoins très intéressants scientifiquement, et parfois aussi esthétiquement, comme c'est le cas pour l'ensemble présenté dans cet article, un lot d'ambre fossile avec inclusions d'arthropodes. 

  

Cet ensemble de morceaux d'ambre fossile a été acquis par le musée dans la fin des années 90, auprès d'un particulier suédois. Ce lot était défini dans les accords d'achat comme étant un "lot d'insectes fossiles coincés dans l'ambre", et compte 330 échantillons, pesant entre 0,5 et 10 g. Après analyse et étude réalisée par Vincent Perrichot, paléo entomologiste, il s'est avéré que l'on ferait face à de l'ambre baltique, c'est à dire retrouvé potentiellement sur les côtes de la mer baltique, en Ukraine (province de Rovno), ou en Allemagne, à Bitterfeld. C'est sa couleur dorée, les quelques craquelures à sa surface, et la couche blanchâtre autour de certaines inclusions, qui permettent d'identifier cette origine. Quant à la datation des échantillons, on pourrait potentiellement les dater du Priabonien, correspondant à l'étage final de l'Éocène supérieur (37,71 Ma à 33,9 Ma).

  

L'ambre fossile étant formé par de la résine s'écoulant il y a des millions d'années le long de conifères ou de certaines plantes, il arrive qu'elle ait pu emprisonner des arthropodes lors de sa sécrétion. On peut retrouver parfois à l'intérieur, des arthropodes divers et variés, piégés dans ces échantillons d'ambre. Les espèces d'arthropodes visibles dans les morceaux de notre ensemble sont multiples. On peut y voir principalement des diptères comme des moustiques, quelques araignées ou des fourmis. Prisonniers de ces capsules temporelles, ces arthropodes sont des témoins directs de l'ère à laquelle ils vivaient et dans laquelle ils se sont malheureusement faits emprisonner. En plus de leur aspect muséographique, les morceaux d'ambre sont de vrais support d'étude pour identifier une grande partie de la biodiversité (aussi bien faune que flore), qui peuplait ces époques reculées.